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Lundi 10 Décembre 2018

Le pont a divisé la baie de Shippagan en deux masses d'eau bien différentes

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À la suite de la construction du pont-chaussée de Shippagan en 1959, les masses d'eau de part et d'autre du pont ont évolué de manières bien différentes sur le plan de la qualité chimique des eaux et de la productivité biologique. C'est ce que démontre une étude que vient de faire paraitre Alain Patoine et ses collègues dans la revue Estuaries and Coasts

À l'est du pont (vers Le Goulet), les eaux ont connu une légère augmentation des quantités d'algues planctoniques qui a duré une dizaine d'années (années 1960). Les algues planctoniques sont microscopiques, vivent dispersées dans la colonne d'eau et sont à la base de la chaine alimentaire. Cette augmentation de la productivité biologique primaire a pu être causée par les changements de courant apportés par la construction du pont ainsi que par les travaux de dragage et de consolidation du goulet dans les années 1950-1960.

Parmi les cinq groupes d'algues étudiés, les cryptophytes semblent avoir particulièrement profité de ces changements. Ces algues aiment généralement des eaux plus colorées ou plus chargées en matières organiques terrigènes. De fait, on constate que le contenu organique des sédiments après les années 1960 est quatre fois supérieur à celui qui prévalait pendant les années 1930-1950. Le démarrage de l'usine de traitement des eaux usées dans les années 1960 et les activités d'extraction de la tourbe ont vraisemblablement contribué à ces changements de la qualité des eaux observés à l'est du pont.

Au contraire, à l'ouest du pont, les quantités d'algues ont connu une augmentation continue tout au long du XXe siècle. Plutôt que d'être reliée aux usages du territoire (comme c'est le cas du côté est du pont), cette augmentation soutenue est attribuable à la variabilité climatique. Plus particulièrement, les cryptophytes et les diatomées ont vu leur abondance augmenter en même temps que la température moyenne estivale a augmenté d'environ 1°C au cours du XXe siècle.

C'est par l'analyse chimique des sédiments que les auteurs ont pu reconstituer la qualité de l'eau et l'abondance des producteurs primaires tout au long du XXe siècle. Les algues et les particules provenant du territoire sédimentent continuellement au fond des plans d'eau et forment des couches de sédiments de plus en plus profondes et anciennes. En extrayant des « carottes » de sédiments, il est possible de connaitre l'âge des différentes couches et de doser différentes molécules. Par exemple, les « pigments fossiles » sont les pigments photosynthétiques qui ont été produits par les algues alors qu'elles étaient vivantes et peuplaient la colonne d'eau.

Dans l'ensemble, cette étude montre que l'abondance et la composition des producteurs primaires répondent en partie à des facteurs globaux comme le climat (côté ouest), à moins que des facteurs locaux reliés aux usages du territoire (côté est) ne viennent prendre le dessus pour influencer les processus écologiques aquatiques.
Source : Service des communications, Campus de Shippagan
Communiqué de presse - Pour diffusion immédiate -
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